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MiCA 2.0 : en visant la DeFi, l'Europe avoue surtout son problème de compétitivité

Le Parlement européen demande d'évaluer la régulation de la DeFi, du staking et des NFT sous MiCA. Décryptage CDR : un aveu de compétitivité, pas un tour de vis.

Le 7 juillet 2026, le Parlement européen a adopté en plénière un rapport d'initiative intitulé « Digital assets, challenges for the competitiveness and integrity of the European Union's financial system », porté par le député Johan Van Overtveldt pour la commission des affaires économiques et monétaires (rapport ECON, Parlement européen). La presse a titré « l'Europe s'attaque à la DeFi ». Le fait est plus étroit, et le signal se lit un étage plus haut.

Ce que le Parlement a voté

Le texte demande à la Commission européenne d'évaluer si la finance décentralisée, le staking, le prêt et l'emprunt crypto, les NFT et les actifs financiers tokenisés doivent être encadrés au-delà du règlement MiCA actuel. Il a été adopté en commission le 23 juin par 38 voix contre 6 et 12 abstentions, avant le passage en plénière. Deux demandes accompagnent l'extension du périmètre : une mise en garde contre la sur-transposition nationale, c'est-à-dire les règles qu'un État ajouterait par-dessus MiCA au risque de fragmenter le marché unique, et la rouverture du débat sur l'interdiction des stablecoins porteurs d'intérêt, jugée « à reconsidérer ».

cryptodeep.io
Chronologie réglementaire · UE
Le chemin de MiCA 2.0
3 déc 2025
Audition publique en commission ECON
19 fév 2026
Projet de rapport (rapporteur J. Van Overtveldt)
mai 2026
Consultation publique de la Commission (DeFi, staking, NFT)
23 juin 2026
Adoption en commission ECON
1er juil 2026
Fin de la période transitoire MiCA (agrément CASP obligatoire)
7 juil 2026
Vote en plénière : position du Parlement (non contraignant)
à venir
Proposition législative de la Commission (non datée, conditionnelle)
Snapshot · cryptodeep.io
Rapport A10-0186/2026 · Parlement européen

Pourquoi ce n'est pas « l'Europe régule la DeFi »

Un rapport d'initiative n'a pas de valeur législative. Il fixe la position officielle du Parlement, il n'amende pas MiCA et ne crée aucune obligation. La suite dépend de la Commission, seule à détenir le droit d'initiative, et qui a déjà lancé sa propre consultation publique en mai 2026 sur ces mêmes angles morts. Aucun calendrier de proposition n'est arrêté. Présenter ce vote comme un tour de vis sur la DeFi, c'est confondre une intention politique avec une règle. Le lecteur qui s'arrête au titre de presse passe à côté du sujet.

Le vrai signal : un aveu de compétitivité

Le sujet est dans le titre du rapport. Il parle de « compétitivité et intégrité », dans cet ordre. Un texte qui cherchait d'abord à durcir la DeFi n'aurait pas mis la compétitivité en première ligne, ni rouvert l'interdiction des stablecoins rémunérés, ni mis en garde contre l'excès de zèle réglementaire des États. Ces trois marqueurs disent la même chose : les institutions européennes s'inquiètent d'avoir calibré un cadre qui pousse le capital et les acteurs hors du continent.

La preuve est chiffrée. Les stablecoins euro conformes à MiCA pesaient 673,9 M$ au 28 juin 2026, en hausse de 128 % sur un an. La progression est réelle ; l'ordre de grandeur ne l'est pas. Face aux centaines de milliards de dollars des stablecoins dollar, l'euro numérique privé reste un rail marginal, et l'interdiction des stablecoins porteurs d'intérêt, que le rapport propose de reconsidérer, est l'un des leviers qui a bridé son émergence.

C'est là que notre lecture rejoint le fil suivi depuis la fin de la période transitoire MiCA, le 1er juillet 2026 (voir notre décryptage de la divergence transatlantique sur le dollar numérique). La même séquence où les États-Unis débrident l'émission privée de dollars numériques, l'Europe s'aperçoit que son cadre, protecteur, l'a aussi laissée en retard. Le rapport du 7 juillet n'ouvre pas une phase de durcissement. Il pose le premier constat officiel, à voix haute, d'un problème de compétitivité.

Ce qu'on surveille

Deux inconnues décideront de la portée réelle. La réponse de la Commission à sa consultation, d'abord : elle seule peut transformer une position de Parlement en proposition législative. Le sort de l'interdiction des stablecoins porteurs d'intérêt, ensuite, le levier le plus concret pour un stablecoin euro à rendement. Tant que ces deux points tiennent, MiCA 2.0 reste une intention, pas un calendrier.

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FAQ

Le Parlement européen a-t-il régulé la DeFi ?
Non. Il a adopté le 7 juillet 2026 un rapport d'initiative non contraignant qui demande à la Commission d'évaluer si la DeFi, le staking et les NFT doivent être encadrés. Aucune règle nouvelle n'existe.

Qu'est-ce que MiCA 2.0 ?
Le nom informel de l'extension possible de MiCA aux activités aujourd'hui hors champ : DeFi, staking, prêt on-chain, NFT, actifs tokenisés. Rien n'est encore proposé.

MiCA couvre-t-il la DeFi et les NFT aujourd'hui ?
Non. MiCA 1.0, dont la période transitoire s'est éteinte le 1er juillet 2026, encadre les stablecoins et les prestataires centralisés, mais laisse la DeFi et les NFT hors périmètre.

Les stablecoins porteurs d'intérêt sont-ils autorisés en Europe ?
Non, MiCA les restreint. Le rapport du 7 juillet demande de reconsidérer cette interdiction, jugée pénalisante pour la compétitivité de l'euro numérique.

Quand une loi entrera-t-elle en vigueur ?
Aucun calendrier n'est fixé. La suite dépend de la Commission, qui n'est pas tenue de suivre la position du Parlement.