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Harmony propose d'arrêter sa blockchain et de réémettre ONE sur Ethereum. L'émission de jetons neufs, elle, est annoncée inchangée.

Harmony a proposé le 6 septembre 2026 d'arrêter la blockchain qu'elle exploite depuis 2019, de photographier les soldes des détenteurs au dernier bloc et de leur réémettre automatiquement leurs jetons sur Ethereum, l'équipe se reconvertissant dans la vidéo générée par intelligence artificielle.

Un grand livre que personne ne possède ne tient pas tout seul. Des machines indépendantes, opérées par des acteurs qui ne se font pas confiance, s'accordent sur l'ordre des écritures et refusent celles qui ne suivent pas les règles. Elles ne travaillent pas gratuitement, et personne ne leur adresse de facture à régler : elles sont payées en unités neuves, fabriquées à chaque écriture.

C'est le seul rôle structurel de la monnaie propre à un réseau de ce type. Elle achète la sécurité qui rend le livre coûteux à réécrire, donc digne de confiance. L'émission n'est pas une faveur faite au porteur, c'est une facture, et il l'acquitte par dilution. Sa contrepartie est le travail des machines.

Tant que les deux termes tiennent ensemble, diluer le porteur a un sens économique : il paie pour que ce qu'il détient reste défendable, et il peut mettre un prix sur ce qu'il achète. Ce qui vient d'être proposé ne supprimerait pas la facture. Il changerait ce qu'elle achète.

Une chaîne qui a traité une transaction pour 300 blocs

Deux mesures, prises par CDR le 7 septembre 2026 au nœud officiel du réseau, commandent la lecture de ce dossier. Elles sont reproductibles par n'importe qui dans les mêmes termes.

La première porte sur l'activité. Sur 300 blocs consécutifs des deux fragments qui composent la chaîne Harmony, le réseau a traité 1 transaction ordinaire et aucune transaction de staking, 299 blocs sur 300 étant entièrement vides. Pendant ces mêmes 300 blocs, environ 11 200 ONE ont été créés. Une écriture, onze mille deux cents jetons neufs.

La seconde porte sur l'émission : environ 37 ONE par bloc, avec un bloc toutes les deux secondes, soit environ 1,6 million de jetons neufs par jour et 3,8 % de l'offre par an. Le cadre du relevé complète le tableau, environ 15,3 milliards de ONE d'offre totale dont environ 3,2 milliards immobilisés en staking, soit 20,9 %, et 771 validateurs enregistrés dont 42 seulement sont réellement élus et tiennent le réseau.

Ce sont les deux seules mesures de ce dossier. Tout ce qui suit est annoncé ou rapporté, et se lit comme tel.

Elles changent la lecture de ce qui est proposé. L'extinction ne couperait pas une activité, elle constaterait son absence, de la même façon que fermer un déploiement de longue traîne ne coupe pas un flux qui n'existait plus. Et un réseau que 42 machines élues suffisent à tenir est un réseau qu'une enveloppe annoncée de 1,37 million de dollars peut convaincre d'éteindre ses machines.

Fermer une chaîne et refrapper son jeton ailleurs, nous l'avons déjà mesuré

Le geste n'est pas inédit, et CDR l'a documenté le premier. Le 20 août 2026, BounceBit a écrit son dernier bloc et annoncé la fermeture de sa chaîne, son jeton BB étant refrappé en BEP-20 sur BNB Chain depuis un état photographié, au prix de 4 292 transactions confirmées effacées, décompte CDR bloc par bloc faute d'être publié nulle part. Nuance de preuve, portée depuis le premier jour et maintenue ici : la fermeture définitive de BounceBit relève du déclaratif relayé, seule la chronologie est mesurée sur la chaîne. Le rapprochement avec Harmony se fait donc sur le dispositif annoncé, jamais sur une intention prouvée.

Dix-sept jours plus tard, Harmony propose le même geste avec un poste en plus, et c'est le seul qui soit neuf : l'offre totale et le rythme d'émission sont annoncés inchangés. Ce n'est pas le jeton qui survivrait à la chaîne, c'est l'émission.

Le statut de ce geste se dit en clair, parce qu'il commande tout le reste. Deux propositions ont été publiées le 6 septembre 2026, présentées comme non contraignantes par les relais qui les rapportent. Leur texte n'a pas pu être lu : elles vivent dans un article long hébergé sur une surface qui refuse tout accès automatisé, et qui répondait encore par un refus le 7 septembre. Seuls le titre, la date et le chapeau de la publication du compte officiel sont vérifiés mot pour mot en source primaire. Aucun vote n'est documenté, la date d'effet annoncée est le 10 septembre 2026, et au 7 septembre 2026, rien n'est arrêté et rien n'est réémis.

Ce que les propositions transporteraient, et ce qu'elles laisseraient

Le dispositif qui suit est rapporté par des relais concordants et attribué comme tel, jamais présenté comme lu.

Ce qui passerait : les soldes en portefeuille, qui seraient photographiés au dernier bloc et réémis sur Ethereum à la même adresse, sans aucune démarche du détenteur. Ce qui ne passerait pas : les positions logées dans des contrats, dans des pools de liquidité et dans des coffres multi-signatures, c'est-à-dire celles des acteurs les plus engagés, avec quatre jours pour en sortir. Les délégations de staking, environ 3,2 milliards de ONE, ne reviendraient pas au délégant : elles iraient à des « coffres de gouverneur ». Les validateurs pourraient éteindre leurs machines à partir du 10 septembre 2026, date qui sert aussi de butoir aux détenteurs. L'enveloppe annoncée pour les y conduire est de 1,37 million de dollars, versés sur quatre trimestres.

cryptodeep.io
Mesure Crypto Deep Research · nœud officiel Harmony · 07/09/2026
Une transaction, onze mille deux cents jetons neufs
Les deux colonnes couvrent exactement la même fenêtre : 300 blocs consécutifs des deux fragments du réseau, relevés le 7 septembre 2026 et reproductibles par n'importe qui.
Trafic traité
Blocs examinés, deux fragments
300
Transactions ordinaires
1
Transactions de staking
0
Blocs entièrement vides
299 / 300
Jetons créés
Jetons neufs sur ces 300 blocs
~ 11 200
Par bloc
~ 37 ONE
Par jour
~ 1,6 M ONE
Rapporté à l'offre, par an
3,8 %
42 sur 771
Validateurs réellement élus, sur les validateurs enregistrés
1,37 million $
Enveloppe annoncée pour indemniser ceux qui éteindraient leurs machines
Ce que la mesure donne à lire, au 07/09/2026
L'extinction proposée ne couperait pas une activité, elle constaterait son absence. L'offre totale et le rythme d'émission sont annoncés inchangés : l'émission ne disparaîtrait pas, elle changerait de bénéficiaire sans changer de payeur.
Mesure CDR au nœud officiel Harmony et à ses deux nœuds de fragment, 7 septembre 2026 : 200 blocs sur le premier fragment, 100 sur le second · l'émission par bloc, par jour et sa part annuelle de l'offre sont mesurées sur le grand livre du fragment balise · l'enveloppe d'indemnisation et le maintien de l'offre et de l'émission sont attribués aux relais concordants, le texte des deux propositions n'ayant pas pu être lu à la source.
Snapshot · cryptodeep.io Relevé daté, aucun signal d'achat

Le jeton existerait alors sur deux chaînes. L'une porte encore le contrat ERC-20 par lequel ONE a d'abord été vendu en 2019 : interrogé le 7 septembre 2026, il affiche 12,6 milliards de ONE, un chiffre rond gelé depuis l'origine. Sur l'autre, rien n'est affirmable, le contrat ERC-20 de destination n'étant pas identifié à cette date. Ce trou se déclare.

L'offre totale et le rythme d'émission étant annoncés inchangés, l'émission ne disparaîtrait pas, elle changerait de bénéficiaire sans changer de payeur. L'affectation est celle du projet annoncé, une activité de vidéo générée par intelligence artificielle que personne n'a souscrite en achetant ONE.

Août 2026, ce que la chaîne dit du rollback, et pourquoi nos deux chiffres sont vrais

Le rollback annoncé en août n'est pas resté à l'instruction, et la chaîne le prouve seule, en deux requêtes. Sur le premier fragment, le bloc 92 730 034 est daté du 11 août 2026 et le bloc immédiatement suivant du 20 août. Même figure sur le second fragment. Huit jours et demi séparent deux blocs qui se suivent.

La date compte. Le 17 août est celle de l'annonce, le 20 août celle de l'exécution mesurée sur la chaîne, et c'est celle que CDR retient contre les comptes rendus qui datent l'opération du 17 ou du 18. La version corrective du client officiel a été publiée le 19 août, la veille du redémarrage. Le vecteur est documenté par l'analyse technique du cabinet de sécurité qui l'a disséqué : un rejeu de preuves de transfert déjà consommées, rendues neuves en modifiant deux champs que la signature ne couvrait pas.

Deux grandeurs circulent sur cette attaque, et les deux sont exactes, chacune à sa date. Nous avons écrit le 20 août « une émission non autorisée d'environ 4 milliards de ONE, près de 27 % de l'offre en circulation antérieure ». Les comptes rendus actuels écrivent plus de 3 000 milliards. Environ 4 milliards est la première vague confirmée au 12 août, seul chiffre connu au moment de notre publication, et il n'a jamais été faux. Environ 3 000 milliards est le total reconstitué après enquête. Deux dates, deux vérités : le second ne corrige pas le premier.

Un écart se signale ici sans devenir la charnière du dossier. Le texte publié le 6 septembre invoque les acteurs étatiques et les agents d'intelligence artificielle, quand la chronologie vérifiable montre un défaut de vérification interne au protocole, corrigé par le projet lui-même en quelques heures. Aucune source primaire de ce dossier ne relie l'attaque à un acteur étatique.

Notre article du 20 août posait une question ouverte : jusqu'à quelle profondeur, et sur décision de qui, un historique peut être défait. La réponse mesurée est huit jours et demi, sur décision de l'équipe. Ses questions fréquentes indiquaient qu'au 14 août rien n'avait encore été effacé ; la chaîne dit aujourd'hui que l'opération a eu lieu le 20 août. C'est un prolongement, non une correction. Ce n'est pas non plus un demi-tour sur ce que nous nommions alors, ceux qui concentrent la puissance de calcul d'un côté et la liquidité de l'autre : l'enveloppe annoncée, 1,37 million de dollars, achète ce que le vote n'a pas eu à trancher, pour 42 validateurs élus. En août, la thèse nommait le décideur sans connaître son prix. En septembre, le prix est annoncé et le nombre est mesuré.

Ce que ça change pour qui doit classer l'actif

L'argument le plus sérieux en faveur du dispositif ne porte ni sur l'extinction ni sur la mécanique de reprise, mais sur le poste attaqué. Sur une chaîne qui traite une transaction pour 300 blocs, continuer de payer 42 validateurs élus n'achetait plus de défendabilité utile. L'émission maintenue transformerait un budget de sécurité devenu sans objet en budget de produit, et c'est, pour un détenteur autrement adossé à un réseau vide, le seul chemin identifiable vers une valeur résiduelle. La reprise sans démarche du détenteur est par ailleurs la partie la mieux faite du dossier.

La réponse est de procédure. La réaffectation proposée se ferait sans vote documenté au 7 septembre, sans information périodique sur l'emploi des fonds, et sans que le porteur puisse cesser de payer. Ce qu'on lui proposerait n'est pas d'arbitrer entre sécurité et produit, c'est de continuer à financer pendant que la destination change.

Nous avons publié que ce qui change n'est pas la captation, c'est la destination. Ici, la contrepartie ne serait pas redirigée : elle disparaîtrait. Harmony est le dernier barreau de cet escalier, pas son point de départ.

La conséquence est de structure, jamais de portefeuille, et elle s'arrête à ce paragraphe. Pour un allocataire, un dépositaire ou un comité de risque qui doit classer cette ligne, la valoriser ou en mesurer le risque de contrepartie, le point de comparaison quitterait l'infrastructure pour rejoindre l'instrument de financement d'entreprise, sans qu'aucun texte ne l'ait déplacé et sans les obligations qui vont avec : aucune information périodique, aucun droit de vote sur l'affectation, aucun rang qui donnerait un recours si le produit échouait. C'est une comparaison de classement, et rien d'autre. CDR ne prononce ici aucune qualification juridique, et aucune source de ce dossier n'en porte.

Toute cette lecture repose sur une seule ligne, annoncée et non lue à la source : l'offre totale et le rythme d'émission sont annoncés inchangés. Le mécanisme d'exécution de cette émission sur Ethereum n'est documenté nulle part au 7 septembre 2026, et le contrat ERC-20 de destination n'est pas identifié. C'est la phrase la plus forte de ce dossier, et c'est aussi la moins sourcée : si elle ne se vérifie pas, la lecture tombe avec elle. Le 10 septembre 2026 tranchera.

Reste ce qui rendrait la manœuvre possible, et ce n'est pas la petite taille du réseau. C'est que 42 validateurs élus suffisaient à le tenir. Le mécanisme, lui, est générique.

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CDR mesure la chaîne au moment où l'on propose de l'éteindre.
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Questions fréquentes

Que devient le jeton ONE si Harmony arrête sa blockchain ?
Selon les propositions publiées le 6 septembre 2026, rapportées par des relais concordants et non lues à la source, les soldes en portefeuille seraient photographiés au dernier bloc et réémis sur Ethereum à la même adresse, sans démarche du détenteur. Ne suivraient pas : les positions dans les contrats, les pools de liquidité et les coffres multi-signatures. Les délégations de staking, environ 3,2 milliards de ONE, iraient à des « coffres de gouverneur » et non au délégant. La date butoir annoncée est le 10 septembre 2026. Au 7 septembre 2026, aucun vote n'est documenté, et le contrat ERC-20 de destination n'est pas identifié.

Harmony a-t-elle perdu 4 milliards ou 3 000 milliards de ONE en août 2026 ?
Les deux, à deux dates. Environ 4 milliards est la première vague confirmée au 12 août 2026, seul chiffre connu quand CDR a publié le 20 août, et il n'a jamais été faux. Environ 3 000 milliards est le total reconstitué après enquête. Le second ne corrige pas le premier.

Le rollback annoncé en août a-t-il été exécuté ?
Oui, et la chaîne le prouve seule : le bloc 92 730 034 est daté du 11 août 2026, le bloc suivant du 20 août 2026, soit huit jours et demi entre deux blocs consécutifs. Le 17 août est la date de l'annonce, le 20 août celle de l'exécution mesurée. CDR retient la date de la chaîne.

L'émission de ONE s'arrêterait-elle avec la chaîne ?
Non, selon ce qui est annoncé. L'offre totale et le rythme d'émission sont annoncés inchangés, soit environ 1,6 million de jetons neufs par jour et 3,8 % de l'offre par an, mesurés par CDR le 7 septembre 2026. Cette ligne est rapportée et non lue à la source : le mécanisme d'exécution sur Ethereum n'est documenté nulle part et le contrat de destination n'est pas identifié à cette date. Ce que cette émission achetait, la sécurité du livre de comptes, disparaîtrait avec la chaîne. CDR ne prononce ici aucune qualification juridique et n'émet aucun jugement sur l'opportunité de détenir ONE.

Crypto Deep Research, 7 septembre 2026. Cet article est une analyse de sécurité et de gouvernance de protocole et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d'achat ou de vente.